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Mon enfant ne veut pas aller dormir

  

Mon enfant a du mal à aller dormir et se relève plusieurs fois après que je lui ai dit bonne nuit et après plusieurs aller-retour, je finis par me fâcher. Je sais que j'ai du mal à mettre la limite mais je me sens mal à l’aise car je ne veux pas lui imposer une heure de coucher. Mais je n’en peux plus, qu’est-ce que je peux faire ?

 

L'intelligence naturelle est à développer

Dans un monde idéal, chacun d'entre nous ressentirait le besoin de sommeil, la faim, la soif, etc.. et respecterait naturellement ses besoins physiologiques. Cela demande d'être en connexion avec son corps et ses ressentis, ce que l'on appelle l'intelligence naturelle. Il se fait que aujourd'hui, dans notre société occidentale (mais peut-être cela devient il aussi vrai en Asie), nous sommes happés par tant de choses extérieures et que, sollicités de toute part, il nous est diffiicle de respecter notre besoin de sécurité.

 

Rythme et rituel vont sécuriser l'enfant et lui/vous donner des Repères

Les enfants ont besoin de REPÈRES, cela les sécurise..

 

Ce qui va les y aider, c'est d'avoir rythme régulier et un rituel pour le coucher, cela les sécurise et pour vous aussi, c’est un moment que vous savez que vous allez leur consacrer entièrement (aussi un repère pour vous-même).

En ce qui me concerne nous faisons le repas à 18h30, à 19h le rituel du coucher commence doucement:

mettre le pyjama, laver les dents, cesser les jeux qui excitent, parler plus doucement.

Vers 19h30 environ, il va au lit et je lui lis une, deux, trois histoires en fonction de la longueur de l’histoire et du temps qui reste. On le décide ensemble mais je met le cadre en rappelant si nécessaire qu’il est important de bien dormir pour que le corps puisse retrouver de l’énergie et de la force pour demain. Je n’hésite pas non plus à lui dire gentiment si je suis moi-même fatiguée et que j’ai envie d’aller me reposer moi aussi.. Cela m’amène moi-aussi à être cohérente et à aller dormir si je suis en effet fatiguée. Il entend aussi que j'ai mes propres besoins même si ce n'est pas encore facile pour lui de bien le comprendre

 

La conscience de l'Autre et de ses besoins émerge dans la conscience de l'enfant entre 2 et 3 ans - mais cela se construit encore pendant plusieurs années, en fonction de ce que l'enfant perçoit autour lui - si je ne me reespecte pas moi-même, comment pourra-t-il me respecter vraiment.. et il va gentillement pousser sur mon bouton "respect de soi-même" !

Ensuite nous nous racontons notre meilleur moment et notre mauvais moment de la journée. Et nous nous racontons finalement toujours la même histoire que le plus mauvais moment reste « quand tu me répètes dix fois la même chose.. » même quand cela n’a pas été le cas - et on en rigole - et le meilleur moment, c’est « toute la journée ».. C’est devenu un rituel - incontournable - entre nous. Puis, on se donne plein de câlins et j’éteins la lumière. Il est presque 20h.

 

Selon les jours, il ressort parfois du lit, il me redemande mais cela devient de plus en plus rare ; et c’est souvent alors parce que quelque chose le tracasse et qu’il a besoin d’en parler… et qu’il n’y a pensé que parce qu’il s’est retrouvé seul. Je prend alors encore 5 minutes pour écouter et puis il s’endort (assez vite en général).

 

Accepter le processus

Je ne suis pas arrivée à ça du jour au lendemain, cela a été un processus d’apprentissage pour moi et votre vécu me touche beaucoup car il fait écho à mes propres difficultés avant que je ne regarde les choses autrement..

Dans la société actuelle la tendance est à leur mettre des non, à les limiter ou alors on fait exactement l’inverse, on n’ose plus dire non, en souvenir de ses propres brimades, de sa propre éducation.

 

Moi aussi, je suis passée par la phase « il dormira quand il aura sommeil et va s’écouter » mais en fait, j’ai réalisé que c’est compliqué pour un enfant de s’écouter quand autour de lui, la plupart des adultes ne sont pas dans l’écoute de leurs propres besoins ou quand ils se sentent obligés de.., poussés à... Habitués à être toujours avec quelqu'un qui s'occupe d'eux, qui les surveillent, etc.., ils ont pris l'habitude et on plutôt envie de rester avec nous.. et on les comprend.

 

Donc, avec qui j'étais, j’ai appris qu’il valait mieux structurer ce temps du coucher, ce qui m’a amené moi-même à mieux structurer mes propres rythmes et mon propre temps. Je sais - non pas intellectuellement mais dans mes tripes (ou dans mon coeur..) - quand c’est le moment de démarrer les activités du soir: préparation du repas, repas, coucher. Loin de m’enfermer (ça c'était ma peur avant..) cela me libère, je n’ai pas à réfléchir et penser « quelle heure est-il ? oh zut je dois préparer le repas ».. aujourd’hui, cela se fait naturellement.. Ce n’est pas rigide car les exceptions existent mais ce repère est bien là et rassurant.

Il ne s’agit pas tant de leur dire non que de leur donner un cadre sécurisant, leur donner des repères clairs, ritualiser les moments de la vie, vivre selon des rythmes. Ce qui va leur permettre de grandir - sans s’inquiéter du reste si je puis dire - mais pour cela, il faut que nous-même adulte, cela soit clair pour nous, qu’on accepte certaines limites de la vie, qu’on se crée un cadre qui ne soit pas enfermant mais libérateur au contraire.

 

Quelques questions à se poser

Je vous invite à réfléchir à quelques questions..

- êtes-vous présente à eux ou votre attention est-elle ailleurs, à penser à tout ce que vous avez encore à faire, à vos problèmes, etc.. ?

- êtes-vous au clair avec vos propres limites ? le non que vous dites est-il un vrai non ?

- acceptez-vous qu’on vous mette un cadre, des limites, qu’on vous dise non ?

- demandez-vous au papa de prendre le relais parfois ou avez-vous peur de son « autorité », quelle place lui laissez-vous dans la vie des enfants ? quelle place prend-il ?

 

Être parent est un apprentissage de chaque jour et il ne s’agit pas de devenir parfait. Reconnaître ses difficultés est déjà un grand pas, rechercher comment faire autrement est une belle preuve d’amour pour vous et vos enfants. Ne vous en voulez pas, tous les parents sont passés par des moments de doute. Et surtout, chacun trouve son chemin et sa façon de faire. Parce qu’il ne s’agit pas d’appliquer ce qu’un autre applique pour lui-même. Certains parents qui liront ceci ne s’y retrouveront pas car ils ont une autre histoire personnelle et leur enfant ne manifeste pas ce genre de vécu. Mais pour certains qui me lisent ici, cela va faire écho et c’est pour eux que je relate mon expérience et ma vision.


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